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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 08:24
Une histoire... à dormir debout (suite 1)

 

L'HISTOIRE DES CERISES

 

Même si elle était souvent "absente", perdue dans ses pensées d'enfants,
Il n'avait pas fallu longtemps à la ''petite'' pour rencontrer les autres enfants du voisinage; elle avait aussi besoin de communiquer …
On se doutait que plus tard, elle serait une grande bavarde,
doublée d'un vrai paradoxe.(sourire)
Marraine, par soucis d'économie, avait un beau potager qu'elle entretenait à grand soin... il n'était pas question d'enrichir les poches de l'épicier pour tout et pour rien (comme ta mère, disait-elle en suspend ) fallait faire pousser tout ce qui pouvait faire nos repas … et surtout la soupe!
Parce que la soupe(aliment principal de cette maison) --c'est sain et
ça fait grandir ! Point! Tout est dit....Mange!

Mais pour améliorer l'ordinaire, il y avait aussi des fraisiers, framboises et cassis, des arbres fruitiers et surtout un gigantesque cerisier, objet de toutes les convoitises, autant celles des oiseaux, que celles des enfants!

La petite était avertie que jamais elle ne devait venir piétiner les plates bandes...ni monter dans les arbres et qu'elle devait tenir au loin les petits garnements des voisins.
Oui, mais...
La marraine partie à son travail, la petite (moins de cinq ans) sonna le rassemblement des gamins,(dont certains avaient le double de son age)
Depuis quelques jours, ils préparaient le ''casse du siècle''...
C'était devenu leur jeu préféré: en grand secret et chuchotements, les plus grands exposaient le plan aux plus jeunes... Un vrai complot ''de gourmands'' !
Le jour J arriva...

C'est dans un brouhaha joyeux, que les enfants entreprirent l'escalade
du géant, sans peur de tomber et sans se soucier des branches qu'ils cassaient...
Bien moins discrets que les étourneaux-voleurs, leur méfait ne passerait pas inaperçu; le sol du potager fut bientôt jonché de feuilles martyrisées.

Comme des épouvantails coincés dans la ramure, les enfants riaient et se goinfraient au risque d'en être malades, de ces superbes cerises sucrées à souhait, qui teintaient largement leurs doigts et leurs mines réjouies!

Pas la peine de chercher longtemps les coupables...les preuves accablantes étaient évidentes...

Bien sur, lorsque la marraine rentra, et que comme tous les soirs , elle remplit son arrosoir au puits pour abreuver ses plantations, sa première vision d'horreur fut les pauvres fraisiers complètement piétinés par des petites pointures...puis les amas de feuilles et petites branches sous le cerisier .

Comme une furie, elle attrapa le bras de la petite et la conduisit, sans ménagement, sur le ''lieu du crime'' .

Mais la cabocharde trouva le moyen de nier!!!


C'est ainsi que pour la première et dernière fois (je crois) la petite reçut
une cinglée de coups de martinet qui l'on faite pleurer pendant des heures...
et qu'alors, pour la première fois, elle réclama sa maman...

..............................

 

Plus tard , cette histoire s'invitait à tous les repas de famille... faisant beaucoup rire et où Marraine expliquait que le pire n'était pas les dégâts occasionnés, mais que c'était surtout le fait que la petite avait tenu tête (ah ça ! fallait pas, avec Marraine)
et qu'en plus, elle avait menti, avec l'aplomb d'un ''arracheur de dents''.

Et on riait encore davantage....en comprenant, pourquoi depuis des années, la "petite" portait le surnom de CERISE...

 

 

A suivre... pour une prochaine histoire

 

Bientôt bientôt... patience les gourmands...

Bientôt bientôt... patience les gourmands...

Aparté:

'''''Nous étions a une époque où l'éducation comptait aussi des punitions et quelques sévices corporels légers comme les fessées, ou le martinet, objet qui trônait dans toutes les familles, et qui avait pour but de faire retenir la leçon...

(même aujourd'hui, je ne prends pas parti pour le bien fondé de la chose, mais je pense que parfois, et sur certains, le geste appuyant la parole, n'est pas forcément un délit!
En tout cas, ce n'était pas un manque d'amour et encore moins un désir de maltraitance.
Alors entre ça et le laxisme d'aujourd'hui ? Je ne sais pas ce qui est le pire (?!)
Comme toujours, je crois au juste milieu...'''''

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 14:13
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C'était il y a longtemps, longtemps...
Je me souviens d'une petite maison aux volets verts clairs,
au milieu de nulle part.

Là, vivait une femme seule qu'on disait dure et revêche;
Pourtant, elle était du genre à rendre service aux plus démunis...
mais avec une brusquerie qui lui permettait de toujours cacher son émotion;-- pas besoin de s'attendrir, disait-elle.

Dieu sait qu'elle n'était pas riche... elle travaillait dur au milieu du linge sale des gens aisés... elle était ''blanchisseuse''.
Rien ne semblait la rebuter; plus tard elle travaillera dans la forêt...
un vrai travail d'homme, (c'était une force de la nature) et puis elle finira
sa vie de travailleuse,en gardienne d'une maison bourgeoise jusqu'à sa pauvre retraite.
Non! Jamais elle ne fut riche...mais son travail et son courage, lui ont toujours permis de vivre la tête haute, sans tendre la main, si ce n'est
pour remplir celles plus vides que la sienne.

Elle s'habillait toujours d'un de ces tabliers en cotonnade foncée à petites fleurs plus claires et quand elle cuisinait, elle ajoutait par dessus un autre tablier ''de devant''
Quand elle disait blanc, personne ne s'avisait de dire noir!!!
Une maîtresse-femme, disait-on au village, où l'on racontait comment elle avait jeté dehors, à coups de balai, son ''ivrogne de mari.''
Elle avait préféré élever ses trois garçons toute seule, plutôt qu'avec ce ''bon à rien''
Elle était fière d'en avoir fait des hommes! que chacun soit honnête et que chacun ait un métier dans les mains.

Le seul peut-être qui lui donnait quelques soucis était son dernier....
un esprit rebelle qui préférait vivre --''le nez en l'air quand ce n'était pas sous les jupons''--

D'ailleurs, c'est à 20 ans qu'il se marie et qu'il devient papa........

Et la voilà, la faiblesse dans la cuirasse de cette brave femme!
Sa filleule; l’aînée de son fils cadet.
Elle en était la marraine et avait pris son rôle, au pied de la lettre.
Pour ''la petite'', son cœur de pierre se faisait tout mou...

Ses parents, son fils et sa femme,-''pas dégourdie et toujours enceinte''- ne s'en sortaient pas . L'argent disparaissait toujours avant la fin du mois.
Et puis, sa bru, ''née chez les gens de la haute'' ne savait même pas faire cuire un œuf, quand elle les avait recueillis.
Parce que, voyez vous, le père de la demoiselle, un riche entrepreneur qui imposait sa loi, autant sur ses chantiers que sur sa pauvre femme, lui avait posé un ultimatum: soit elle quittait ce type, (son mari et père de la petite), soit, elle quittait la maison paternelle...

Alors, laissant sa pauvre mère éplorée, mais impuissante, elle décida de suivre son mari.
Le couple, avec pour tout bagage leur petite dans les bras, avait frappé à sa porte et elle avait ouvert..............
Elle n'était pas genre à laisser les gens dehors!!!


Le temps avait passé au fil des heurts, car son intransigeance de femme forte et débrouillarde collait mal avec l’insouciance futile de sa belle-fille.
Son fils prenant parti contre elle, les griefs s'accumulaient...

Aussi, ils partirent bientôt, tenter leur chance chez un employeur d'une autre région... mais pour plus de facilité, ils lui confièrent leur fille
qui avait alors deux ans...

Et c'est ainsi que la petite avait passée les premières années de son enfance, seule avec sa marraine... loin de ses parents certes, mais éduquée de belle façon.Elle lui enseignait tout ce qu'elle savait...
Elle, qui avait appris à lire toute seule, ''au cul des vaches'', en savait long sur la vie et se faisait un devoir de transmettre!

La petite fille était d'un caractère taciturne... peut-être avait-elle ressenti une sorte d'abandon? Elle pouvait s'isoler des heures dans un mutisme
qui aurait pu, aujourd'hui, porter le nom....d'autisme.
Mais il n'en était rien... non, la petite rêvait; pas besoin de dormir.
Couchée, assise ou debout... elle s'inventait des histoires!

 

 

À suivre
 

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 08:24
Ciso...

Ciso...

Elle s'appelait Fleur, Il s'appelait Ciso.

C'était en mai, il faisait si beau...
Les frimas de l'hiver n'étaient que souvenirs rangés dans la cabane du jardin,
d'où petit à petit, on sortait les outils.

Le temps était revenu où les bras s'activaient sur les massifs encore frileux,
mais qui donnaient du vert à longueur de tiges.
Il fallait déjà arroser car le vent du printemps assoiffait la terre;
elle demandait aussi quelques vitamines pour nourrir au mieux ses hôtes,
qui ne tarderaient plus à s'ouvrir aux rayons du soleil,
 en couleurs douces ou chamarrées.
.
C'est alors qu'un matin perlé d'une fraîche rosée,
 Fleur est apparue...
toute frêle et timide, curieuse de son entourage,
elle oscillait avec grâce pour se faire accepter dans ce monde inconnu.

Promenant ses yeux sur son jardin, la dame du lieu découvrit la belle éclose. 
Avec l'amorce d'une larme émue, elle lui murmura ces mots doux :
<---Sois la bienvenue Fleur, tu es fragile encore... prends bien garde à toi--->

Fleur, n'avait que faire de tels avertissements !
Que pouvait-elle subir de désagréable dans son écrin de feuilles luisantes à souhait?!
même les chenilles vertes seraient mangées avant que de l'atteindre,
par les mésanges nourricières de leurs tout juste nés .

Alors elle s'étalait chaque jour davantage, grandissant au-dessus des autres,
fière de ses teintes nuancées par des jeux d'ombres et lumières. 
Elle rêvait d'amour,
en se poudrant le coeur d'un jaune pollen qui sentait bon le miel.

Elle se prêtait volontiers aux visites des insectes,
leur diffusant parfum et nectar sucré.
Elle se faisait si belle, que la dame un matin,
décida de la mettre en valeur en dégageant les herbes qui l'entouraient .

C'est ainsi qu'elle connut "ciso".............

Elle n'avait jamais vu ce bel étranger.Qu'il était charmant ! 
Vêtu d'un bleu tendre, il jouait une musique grinçante tout autour d'elle,
en sautant vivement sur deux jambes aux éclats argentés.
Il était attiré par la belle qui flottait au rythme de la brise légère.
C'était une danse d'amour...
Ils se frôlaient sensuellement, dangereusement .....!

Plus il se rapprochait, plus elle s'inclinait....
Et soudain, Fleur et Ciso, se rencontrèrent...........

 

Fleur, si belle

Fleur, si belle

Moralité?!

Dans un jardin aussi,
 l'amour comme la beauté sont souvent éphémères !

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 18:03
Une cabane ...modifiée mais toujours debout... Cinquante ans après !

Une cabane ...modifiée mais toujours debout... Cinquante ans après !

-< Mais où suis-je, que m'est-il arrivé?>

Nous étions autour d'elle... Maman était «en vacances» à la maison;
''en permission'' ,disait-t-elle.

J'avais 11 ans et je regardais ma mère par-terre... une fois de plus!
Elle reprenait conscience après un ultime malaise.
Nous étions maintenant habitués! Voilà plus d'un an que ses séjours à l'hôpital avaient commencé.
Le plus dur disait-t-elle en riant, c'est que vous allez devoir m'aider à me relever!!!

Et trois d'entre nous , se voulant assez costauds, mettions toutes nos forces en commun, pour aider au ''relevage'' de ce gros corps affaibli...
pas peu fiers de raconter l'exploit au retour de notre père!


J'étais l’aînée de quatre enfants et je me devais de remplacer un peu partout et pour chaque chose, cette maman défaillante.

Je crois même avoir eu un sentiment de fierté à être cette responsable de la bonne marche de la maison, cette mère de substitution, avec une autorité redoutable pour mes frères (ils me la reprochent encore aujourd'hui)

J'imposais mes lois, prétextant mon temps partagé entre l'école avec des horaires aménagés et une tartine de devoirs pour le soir afin de ne pas trop perdre l'avancement des cours, les visites à Maman,à l'hôpital, 2 après- midi par semaine, et les tâches domestiques, et les repas...
Papa, complètement déboussolé par la maladie de sa femme, m'aidait quand il le pouvait.

Les journées étaient bien remplies et nous vivions tous, entre rires et larmes.

Non,non... je ne m'appelle pas Cosette!!!

J'ai grandi avec cette philosophie du bien vivre quel qu’en soit le prix et les embûches... j'ai appris qu'à chaque jour suffit sa peine et qu'à l'impossible nul n'est tenu.

C'est ainsi que je vais vous raconter une petite histoire....

                                                        …..............................

Une jeune maman de quatre enfants, passait sa vie à chanter et à rire...

Lorsqu'elle laissait ses deux occupations favorites, c'était pour se perdre dans des romans photos...

Mais au-delà de ces loisirs qu'on pourrait juger futiles, elle donnait tout l'amour dont elle était pourvue à ses enfants et à son époux.

L'apprentissage de la vraie vie, n'avait pas était tendre pour cette jeune femme pourtant née avec une cuillère en argent dans la bouche(disait sa belle mère)qui les avait recueillis
​​​​​Il lui avait été difficile de quitter, forcée et contrainte, son doux
et riche cocon familial, sa douce maman qui n'avait pas son mot à dire. 
Et son père qui l'avait tant choyée, avait attendu mes 18 mois et le retour de mon père du service militaire, pour lui imposer le choix : Sa famille, avec qui, ni elle, ni moi, ne manquerions de rien,
ou ce jeune "bon à rien"!!! 
Elle n'a pas eu à réfléchir... 
Il lui a fallu apprendre alors à s'occuper d'une enfant (moi)
et d'un foyer... sans jamais plus de trois sous dans la bourse.
Quel changement de vie... mais l'amour en avait décidé ainsi...

Si elle ne fut jamais «fée du logis» elle apprit avec facilité et compétence, la meilleure façon de bien nourrir sa tablée;
avec trois fois rien, elle comblait l'appétit de ses petits morfales;

Les années se sont écoulées ainsi jusqu'au moment où une dernière grossesse,(accouchant d'un bébé mort) mis fin à sa santé...et à sa lucidité!

                                                   ................................................

C'est à ce moment là, après un accident de moto et ce qu'on appellerait aujourd'hui un Burn-out , que Papa avait décidé de changer totalement de vie professionnelle, et choisi de vivre en toute ''liberté'' dans une petite cabane au milieu de la forêt des Landes Girondines,
Sauf que le sort s'acharnant, la misère l'attendait (et nous avec) au premier tournant ...Les métiers de la forêt connurent aussi des revers de fortune...

Maman commença à pleurer pour un oui, pour un non!!!
Elle passait des heures dans un silence absolu... sans chanter, ce qui ne lui ressemblait pas... et puis elle a commencé à se sentir épiée, suivie, surveillée... elle voyait des ombres cachées derrière les pins et se trouvait prise de panique, jusqu'au malaise .

Nos yeux d'enfants n'y comprenaient pas grand chose et souvent en riaient et se moquaient ouvertement de ces délires … mais maman n'en riait plus!!!
Comment nous en vouloir?

Nous étions bien trop jeunes pour comprendre sa souffrance, physique et morale , qui allait la conduire de longues périodes à l’hôpital où elle fut opérée plusieurs fois et où elle apprit à se reposer.

Et où moi , j'ai appris à grandir plus vite que souhaité!!!

.......................................

Et toute la famille, Maman guérie, s'en est allée plus loin chercher le bonheur, ailleurs et autrement .
Rien n'est jamais définitif dans une vie, enfin rien... sauf la mort....
Mais j'aurai encore bien des histoires de vie à vous raconter...
Enfin, j'espère!!!!!!!!!!!

 

 

Comme une rose revient à chaque printemps

Comme une rose revient à chaque printemps

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 20:46
Régalez-vous de nos derniers desserts de l'année (montage-photo réalisé par Fifille)

Régalez-vous de nos derniers desserts de l'année (montage-photo réalisé par Fifille)

 

Bonne Année

 

Au crépuscule de l''année, beaucoup d'étoiles nouvelles
ouvrent un chemin que l'on souhaite sans embûches
à l ' aurore qui pointe...


Déjà, l'an neuf est là... 
Chaque jour offrira des fleurs et des cailloux.
Prenez tous les cadeaux, les parfums, les couleurs...
Evitez si possible, les bleus... préférez les roses.
Laissez couler vos larmes pour calmer les douleurs
du corps comme de l'âme.


Recevez tous mes vœux de bonheurs simples;
Comme à table, ne soyez pas trop gourmands:
Une santé de fer,
Des mains riches de talents et de caresses,
Des pensées tendresse, guimauve et chocolat,
Voilà le secret d'une belle année.

 

Faites 
Que nos mots, nos rires, nos idées, nos folies
et nos gourmandises
se rencontrent encore et encore, sur cette page, 
et partout, dans tous les ailleurs,
 avec le même plaisir .

 

Le temps est infini,
comme est infini l'amour que je vous souhaite.

 

Très bonne année 2017

 

Maryse /Passion

 

Bisous

Bisous

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 08:06

"Je dis que la guerre est misérable,
mais les hommes sont des animaux,
ils ont le goût du sang".

Leonard Cohen

Ce matin, l'annonce du départ de Léonard Cohen me touche profondément .

Comme sans doute beaucoup d'entre vous, 
ce poète, complètement "habité" a accompagné notre vie et surtout notre jeunesse

Ses chansons Suzanne et hallelujah (entre autres) sont des bijoux,
que je m'autorise à vous transmettre, pour accompagner mon dernier texte...
(qui n'est que assemblage de mots de scribouillard, bien évidemment)

Histoire sans avenir ............

 

 

Au plafond de la chambre, l'heure s'inscrit en lettres lumineuses sur les lattes du lambris.

C'est avec difficulté que Marthe s'arrache des couettes bien chaudes . 
Elle pose les pieds sur le tapis et enfile des chaussettes en laine polaire.

Sa tête se met à tourner dès les premiers pas; elle se tient aux murs,
avance dans le noir, allume l'escalier, s'accroche à la rambarde
et se lance prudemment dans la descente périlleuse; 
Chaque marche grince sous son poids et chaque flexion du genou
fait grimacer son visage.

Elle hésite... à quoi bon se lever? à quoi sert de descendre encore?
 encore plus bas... Que lui réserve cette journée ? 

 

Les vieux volets disjoints laissent passer une lumière blafarde, grise, triste ...
Il pleut.

Arrêtée sur le palier, elle hésite à descendre les trois dernières marches.
Le salon est sombre, rempli d'ombres fantomatiques,
mais un petit miaulement inquiet la ramène à la réalité :
Elle doit nourrir  son chat ! il a encore une vie, lui ; des territoires à défendre, des bagarres à gagner, des oiseaux à croquer, des tours de guet à occuper,
et tellement de ronrons d 'amour à donner........

 

Elle traverse la cuisine et prend son petit déjeuner... comme d'habitude.
Elle frissonne et couvre d'un gros châle noir, ses épaules voûtées.
Avec l'age, elle est devenue frileuse, fragile de partout.
Son premier travail sera d' allumer le feu dans la cheminée. 
Elle aime bien gratter la grande allumette qui enflamme la pomme de pin ; 
puis elle ajoute méthodiquement, les différentes essences de bois, 
toujours dans le même ordre : le pin, le peuplier, puis le chêne ou l’acacia
qui tiendra le feu plus longtemps.

 

Elle devrait aller faire quelques ménages ou le repassage, faire les comptes
ou les courses, mais elle décide de s'asseoir sur le gros fauteuil en tissu,
presque déchiqueté par son chat... 
Elle tend ses pieds à la flamme et reste assise à fixer le feu qui danse.

 

Elle écoute les crépitements des braises qui se mêlent au souffle du vent.

A la campagne plus qu'ailleurs,  on ressent bien les saisons .
Le froid, le gris, les arbres nus, et le vide !
Plus personne ne se promène dans les jardins .
Marthe traverse l'hiver, sans amour, sans saveurs, sans couleurs, sans âme ?

Elle n'est pas vraiment seule; juste mal accompagnée peut-être....
Elle se complaît dans cette vie de solitaire, sans être de solitude.

 

Elle se met à chuchoter une berceuse qu'elle aimait dire à son bébé......

Ah! son bébé...c'était quand déjà ?
Tellement de temps a passé; la vie l'a emporté loin depuis si longtemps.

Comment s'en souvient-elle encore ?

Des larmes s'en viennent sur ses joues ; elle ferme les yeux pour les retenir.

 

Jadis...oh ! il y a des lunes... son réveil était un cri de joie, fait de précipitations, d' agitations...le monde tournait vite et elle aussi... comme une montre !!!

Mais maintenant, la montre traîne, s'arrête même parfois;
plus d'énergie, plus de motivation, plus aucun stimulus …
comme un électrocardiogramme plat !!!

 

Pourtant son esprit s'active encore pour tourner les pages d'une vie,
concentrée dans son cerveau, chaque case rangée, comme les images
dans un album photos.

A chaque évocation d'un instant d'avant, le film se met en route... elle revit !!!

 

Le téléphone sonne, la tirant de son joli rêve; un importun sans doute … 
Un de ces ''boni-menteurs'' qui veulent à tous prix vous convaincre
que vous pourriez être plus heureux si vous vous laissiez envahir par
des besoins inutiles !
Pas de chance pour eux... Marthe a toujours vécu d'essentiels.

 

Pourtant le téléphone sonne à nouveau ; << - ça insiste, se dit-elle.

Marthe sourit de faire croire à son absence. Une dernière blague, quoi...

Mais peut-être n'est elle déjà plus vraiment là;

Elle est transparente pour tant de gens... 

 

Les gestes de l'habitude la rattrapent ...

Elle avale son traitement journalier avec une gorgée de thé à la menthe. 
Ça fait si longtemps, qu'elle avale d'un coup, sans compter, toutes ces pilules
de toutes les couleurs , et elle ne sait plus si ça lui permet d'aller mieux...
ou si c'est un confort, une espérance...
Pour espérer quoi ?
Durer plus longtemps? comme le chêne dans son feu ? revivre le passé ? 
Bien-sur que non ! on avance... canard boiteux ou cheval de course,
on avance toujours !

 

A moins que le chemin s'arrête au bord du précipice...
et là ? Choisir!!! Reculer ou continuer???

Elle se lève péniblement, prend un stylo et un joli papier à lettres,
met une grosse bûche dans le foyer et reprend sa place dans son vieux fauteuil,

le fidèle complice de ses divagations.

 

D'une écriture sure et bien déliée, elle s'applique à trouver les bons mots...
« _ j'ai vécu avec bonheur chaque cadeau offert par la vie..

Grand merci,à tous ceux qui m'ont accompagné ;
Reconnaissance à tout ce qui m'a fait vibrer, autant dans les bons moments
que dans les passages à vide, j'ai connu autant de beau que de difficile
et les ans se sont accumulés jusqu'à remplir le contrat.
Aujourd'hui, l'heure est venue de signer au bas de la page.

Mon existence n'aurait eu aucune valeur si un bébé n'était venu 
remplir ma vie de son beau sourire…s'il ne m'avait appelé Maman...
Merci bébé, Amour de ma vie, infiniment merci.

je t'emporte dans mes pensées "à tout jamais "

 

La feuille de papier s'envole des mains de Marthe pour se poser
délicatement sur le sol comme un papillon sur une fleur....

et le téléphone sonne toujours.
Marthe sourit...

 

Les volets restent clos, le chat a faim, le feu s'éteint...

 
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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 08:03

Entends-tu le vent qui se promène?
Il commence par de légers souffles rafraîchissants,
pousse les nuages dans un ciel devenu blanc,
les oiseaux se tirent l'aile pour s'enfuir, se mettre à l'abri....
Pendant que l'homme attend de voir,
 les oiseaux, eux, savent déjà que ce vent là, n'est pas leur ami....

Entends-tu le vent qui s'amène?

C'est lui, le fantasque fantôme, qui revient en hurlant des chansons de marins...
vêtu de feuilles arrachées aux bras agités des géants du parc
Il joue dans l'air en courant, passe les murs, s'infiltre sous les fenêtres en sifflant ,
fait claquer les portes à grands bruit de pétard,
se tournicotte de rire, devant les peurs qu'il suscite...

Entends-tu le vent en colère?

En bourrasques cruelles, il emmêle les cimes fléchies qui balayent la terre
Il soulève des nuages de poussières pour en faire des sorcières qui parfois,
se transforment en  colonnes de grisailles qui emportent tout sur leurs passages...
et il rit encore plus fort jusqu'à devenir démoniaque....
pour faire tomber le ciel  en trombes de perles froides.

 Entends-tu le vent qui se meurt ?

Et puis vient l'acalmie, les regrets, les remords...quelques sursauts encore,
 il ralentit sa course, il s'affale , il s'endort...

Il murmure une berceuse, carresse une joue,survole des champs de lavande,
et ramène d'une maison, l'arôme allèchant d'une soupe qu'on réchauffe......
C
omme un enfant qui joue au plus malin, il demande pardon d'avoir été vilain .

Entends-tu le vent que j'aime.............

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 14:10
L' Être ... mauvais!

Force est de constater combien la méchanceté déforme un visage...
Cette laideur faciale se fait miroir du coeur, vous saute à la figure au détour d'un chemin,
Vous  croisez ce regard qui se veut combatif pour affronter ce hasard de la rencontre
preuve que le monde n'est jamais assez grand pour éviter les êtres nuisibles
qui s'infiltrent partout et qui salissent tout!!!

Ha! je connais ce rictus amer et ce regard furibond qui impriment au masque
 un dessin assassin ...
Quelle cause improbable a pu conduire là, ce cerveau perturbé,
pour qu'il  en arrive à se fabriquer d'aussi mauvaises pensées?

Certes, l'être qui le porte, n'est plus le centre du monde!
il n'y a plus personne pour s'appitoyer sur toutes les misères
qui semblaient l'accabler
il  monopolisait les discutions diffusant  sa lamentable vie, en plainte continue .

Sans doute, des coeurs sains, auront voulu l'aider
en lui faisant entrevoir le bon coté des choses,
en lui parlant de solutions évidentes qui , avec un peu de bonne volonté,
l'aideraient à voir la vie plus rose... 
sans doute, des cerveaux raisonnables et éclairés,
 lui auront montrer ces vrais malheureux, silencieux, qui luttent chaque jour
pour se maintenir à la surface pour ne pas couler.

 Mais rien n'était beau à ses yeux, rien n'était cadeau...
Seuls les autres, tous les autres , se partageaient le gâteau
et du festin, l'être n'avait plus rien!!!

Avec un tel régime,
on imagine s'amplifier cette rancoeur, cette animosité, cet immense égoïsme ,
cette colère contre ceux qui ne comprennent rien à sa longue "maladie"...
et c'est ainsi que l'être gonfle au point de n'être plus qu'une masse de haine,
envers tout ce qui n'est pas lui
et son seul rêve, le voit finir dans un coup d'éclat....monstreux!

 

Et puis sans doute , trouve-t-il de semblables vilains, sur des routes déviées,
qui comme lui, s'inventent un destin qui parlerait d'eux, longtemps, longtemps.... 

 

Et c'est ainsi qu'un jour ou une nuit....
l'histoire conduit un camion à faire le trottoir
et à se prendre pour une faucheuse... d'étoiles.

 

 

 

 

L' Être ... mauvais!
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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 05:18
Maman

Combien de fois par jour, ton nom sort de ma bouche?

.Dans la peur, le dépit, la surprise, l'émerveillement...
comme un juron, c'est ton nom qui s'impose.

"Oh maman"... "mama mia",  "au secours maman", "maman à l'aide", etc, etc...

Plus de 15 ans sans toi et pourtant tu es là, encore, toujours, tellement présente.

Partout ...

Tes yeux malicieux , ton verbe haut
tes mots d'esprit si particuliers, sortis d'un imaginaire fou 
comme tes vocalises dans l'escalier "l'ai-je bien déscendu ?"
et tes rires syncopés menant aux larmes de crocodile.

De la cuisine à la table,
tu as imprégné mes mains et mon palais...
Un cahier d'écolier laissé en héritage, où tes recettes s'écrivent en gros,
de vieilles enveloppes aux adresses lointaines,
 des mots croisés et des "Nous Deux" 
juste des images
et puis et puis, tes colères... les vraies...
qui te faisaient dire des choses épouvantables... comme de nous quitter...
avec ta valise de papier et tes sandales neuves, tu voulais t'en aller!
et puis, et puis ...
Tes rêves de voyages et de liberté s'arrêtaient brusquement, par une chute sur le palier!
Et on en riait !!!.quest-ce qu'on riait!!!

Pas un jour ne passe sans que les miroirs ne me renvoient ton image à peine modifiée;
sans qu'une chanson, un air d'opérette, carillone dans ma tête...
sans qu'un mille-feuilles ou une tartelette
ne me rappelle ta gourmandise de vie, ta soif de rires et de gaieté.

 

 

Maman

Ah oui Maman...
Tu as bien rempli ton rôle. 
Tu as transmis avec une incroyable générosité!

Aujourd'hui, ton nom se fête, 
c'est aussi le mien, et celui des autres ...
 

BONNE FÊTE MAMAN

 

 

Que votre journée soit douce...

Que votre journée soit douce...

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 08:35

 

La baie vitrée offre à mon regard , le jardin, confiné dans des voiles cotonneux

Les contours s'estompent, les formes et les couleurs se floutent, l'espace se peuple d' inconnus .
Qui sont ces sombres géants ? Et ces boules d'aiguilles sylvestres ?
A qui appartiennent ces bras desquamés ?
Le chemin m'est étranger...

 

Je laisse mes yeux s'égarer dans le brouillard
Un doute m'étreint, une angoisse s'installe...

Me serai-je perdue ?

Suis-je une âme errante ? Ou encore endormie ?
Le sommeil serait-il mon ennemi ?

 

Pourtant, à bien y regarder, je m'envahis de beauté...
Cette blancheur épaisse a quelque chose de rassurant... comme un cocon .

Cocon de brume
Cocon de brume
Cocon de brume

De l''arbuste tout vêtu de rose poudré, me viennent des petits cris étouffés
C'est une musique, ordinaire, habituelle, pas très mélodieuse, mais pas disgracieuse non plus...
C'est... le réveil des oiseaux qui fait lever le jour,
Le ciel se découvre pour s’inonder de bleu.

 

Plus le matin avance, plus la lumière réchauffe les boules de plumes qui s'enhardissent...
La brume se dépose en perles froides et transparentes, qui forment au sol, une fine dentelle,
habit de fête pour les précoces pâquerettes .

Ma vue retrouve son horizon connu
et ma peur n'est plus !

Cocon de brume
Cocon de brume
Cocon de brume
Cocon de brume
Cocon de brume
Cocon de brume
Cocon de brume
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  • passion
  • un blog pour discuter du tout et de rien, des instants de vie, insignifiants pour presque tout le monde, sauf pour vous et moi.....
la vie de tous les jours, les yeux grands ouverts!
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